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4 décembre, 2025

Cible climatique : le secteur forestier doit être inclus dans le calcul des GES

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Montréal, le 3 décembre 2025 – Dans le cadre des consultations du gouvernement du Québec sur la nouvelle cible de réduction des gaz à effet de serre (GES) de la province, la Société pour la nature et les parcs (SNAP Québec) dévoile une analyse approfondie de l’empreinte climatique du secteur forestier et appelle le gouvernement du Québec à inclure dès maintenant les émissions liées aux coupes forestières et aux produits forestiers en fin de vie dans le bilan officiel des GES.

Avec plus de 8,6 millions d’hectares de forêts exploités au Québec depuis 1990, les coupes forestières représentent l’un des plus importants flux de carbone de la province vers l’atmosphère. Toutefois, cette empreinte climatique du secteur forestier n’est toujours pas incluse dans le calcul des GES du Québec.

« Le Québec ne peut pas continuer de fermer les yeux sur l’un des plus grands émetteurs de carbone de son territoire. L’industrie forestière bénéficie d’une forme d’immunité climatique qui fausse notre portrait national des émissions de GES », souligne Nicolas Mainville, biologiste et directeur conservation et climat à la SNAP Québec.

Des failles méthodologiques qui masquent les émissions

Le mémoire de la SNAP Québec dévoile deux biais majeurs dans les inventaires de GES canadiens et québécois :

  • Les émissions du secteur forestier sont présentées seulement à titre informatif et sont exclues du bilan total;
  • Les inventaires créditent l’industrie pour les absorptions de carbone provenant de forêts matures régénérées naturellement, pourtant non liées à ses activités, ce qui réduit artificiellement sa réelle empreinte climatique.

Résultat : les émissions réelles du secteur sont sous-estimées de manière systémique, comme l’ont confirmé des audits et des études scientifiques récentes.

« Pour faire de la foresterie une solution climatique, il faut commencer par dire la vérité sur son empreinte réelle. On ne peut pas améliorer ce que l’on refuse de mesurer », insiste Nicolas Mainville.

Le bois peut faire partie de la solution, mais pas sur la base d’un bilan tronqué

La SNAP Québec rappelle que l’utilisation du bois peut contribuer à réduire les émissions lorsqu’elle remplace des matériaux très énergivores, mais uniquement si son cycle de vie complet est pris en compte.

« Nous avons besoin de plus de cohérence et d’efficience dans l’action gouvernementale pour lutter adéquatement contre les deux grandes crises environnementales actuelles que sont la perte de biodiversité et les changements climatiques. La protection d’écosystèmes riches en carbone, tels que les tourbières et les forêts matures, doit faire partie de l’arsenal des mesures prioritaires du gouvernement du Québec pour l’atteinte de ses cibles climatique et de protection du territoire », conclut Alain Branchaud, biologiste et directeur général de la SNAP Québec.

La SNAP Québec appelle le gouvernement du Québec à mettre en œuvre les sept recommandations contenues dans son mémoire, dont l’inclusion du secteur forestier dans le périmètre comptable de l’inventaire de GES et la mise en place d’une cible de réduction spécifique à ce secteur tel qu’il est recommandé par le Comité consultatif sur les changements climatiques.

– 30 x 30 –

La SNAP Québec travaille à l’atteinte de la cible de 30% de protection du territoire d’ici 2030 (30×30)

INFORMATION
Lien du mémoire de la SNAP Québec

CONTACT

Charlène Daubenfeld
Directrice des communications
SNAP Québec
Cell : 514 378-3880
communications@snapquebec.org