Espace Presse

16 avril, 2026

Inventaire national des GES 2026 – Le Canada continue d’occulter la réelle empreinte climatique du secteur forestier

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Communiqué de presse

Montréal, le 16 avril 2026 – À la suite de la publication de l’inventaire 2026 des émissions de gaz à effet de serre (GES) du Canada, la SNAP Québec dénonce à nouveau l’absence du secteur forestier du bilan des émissions totales au pays et appelle les Commissaires au développement durable du Canada et du Québec à enquêter sur cette forme d’immunité climatique donnée à l’une des plus grandes sources d’émissions de GES au pays. 

Les données révèlent qu’en 2024, les coupes forestières et la décomposition ou la combustion des produits forestiers ont généré plus de 130 millions de tonnes en équivalent CO₂ (MtCO₂eq), soit davantage que toutes les émissions dues à l’extraction et au raffinage de pétrole, de gaz et de charbon au Canada (124 MtCO₂eq). Pourtant, ces émissions ne sont toujours pas incluses dans le bilan officiel du pays.  

« Face à la crise climatique actuelle, libérer autant de carbone dans l’atmosphère sans avoir aucun compte à rendre est hautement problématique. Au même titre que tous les autres secteurs, le secteur forestier doit être intégrée au bilan des GES afin d’encadrer les émissions qu’il cause et ainsi encourager l’amélioration des pratiques forestières. » Nicolas Mainville, directeur Conservation et Climat, SNAP Québec 

Une comptabilité qui maquille la réalité 

L’inventaire canadien continue d’occulter ces émissions industrielles derrière les absorptions de carbone de forêts naturelles qui n’ont jamais été touchées par l’aménagement forestier (−131 MtCO₂eq en 2024). En intégrant dans ses calculs ce que la nature capte sans intervention industrielle, le gouvernement permet une fois de plus au secteur forestier d’afficher un bilan pratiquement neutre. Le Québec lui offre d’ailleurs cette même forme d’immunité en réutilisant les données du gouvernement fédéral. 

« Depuis 1990, une moyenne de plus de 174 MtCO₂eq par année sont ainsi soustraits du bilan de l’industrie forestière en y intégrant la captation des forêts matures issues de perturbations naturelles. Cette pratique masque la réelle empreinte des activités humaines et devrait absolument être revue », ajoute Nicolas Mainville. 

La SNAP Québec souligne que le Canada fait exception sur la scène internationale, en traitant les émissions liées aux coupes forestières et aux produits en fin de vie comme une simple note d’information au lieu de les intégrer à son bilan. Cette comptabilisation diffère fortement de celle appliquée aux autres secteurs industriels. 

Au-delà des chiffres de l’inventaire, les sciences forestières démontrent de façon claire et répétée qu’une forêt protégée offre une valeur climatique indéniable. Il est essentiel de poursuivre les efforts afin d’améliorer les cadres d’analyse des impacts de la foresterie sur le cycle du carbone.  

La SNAP Québec demande donc aux gouvernements du Canada et du Québec d’inclure les émissions des coupes forestières et des produits en fin de vie dans le bilan total officiel des GES, au même titre que tous les autres secteurs industriels, et d’exiger de l’industrie forestière un plan de réduction de son empreinte climatique, assorti d’objectifs contraignants, dans le cadre des prochaines cibles de réduction des GES pour 2030 et 2035.  

– 30 x 30 –

La SNAP Québec travaille à l’atteinte de la cible de 30% de protection du territoire d’ici 2030 (30×30)

SOURCES 

Contact presse

Ingrid Cornec
Coordonnatrice principale aux communications
SNAP Québec
communications@snapquebec.org
Cell. : 581-745-6423