Septembre 2044
Le jour du dépassement recule pour une 15e année consécutive
Grâce aux politiques ambitieuses menées depuis le début des années 2030 pour réduire l’empreinte écologique de l’humanité, le jour du dépassement mondial continue de reculer dans le calendrier.
Au Québec, les résultats sont particulièrement encourageants. Depuis 2030, notre consommation de ressources écologiques a été divisée par deux grâce à la protection de 42% du territoire, à la réduction du trafic maritime sur le Saint-Laurent et à la multiplication des mines urbaines qui permettent de récupérer directement les matières premières à partir de déchets urbains.
Si toute l’humanité vivait aujourd’hui comme les Québécois, nous aurions besoin d’environ 2,5 planètes pour vivre. C’est encore trop mais c’est deux fois moins qu’en 2030.
Science-fiction, utopie, possibilité ou nécessité ? Découvrez dans ce blogue de notre série ‘’Québec 2044’’ comment faire de cette bonne nouvelle du futur une réalité.
Qu’est-ce que le jour du dépassement?
Le jour du dépassement marque la date à laquelle l’humanité a consommé l’ensemble des ressources naturelles que la planète peut régénérer en une année.
Afin de calculer le jour du dépassement, le Global Footprint Network compare la capacité de la Terre à produire des ressources et absorber les déchets (biocapacité) avec notre consommation annuelle en ressources écologiques (empreinte écologique).
On parle aussi parfois de ‘’budget écologique’’ et vous ne serez pas surpris d’apprendre que nous vivons largement au-delà de nos moyens.
Depuis le début des estimations dans les années 1970, le jour du dépassement arrive de plus en plus tôt chaque année. Il est passé du 30 décembre en 1971 au 24 juillet en 2025.
Une empreinte écologique… démesurée!
Variable principale pour le calcul du jour du dépassement, l’empreinte écologique est un indicateur environnemental créé dans les années 1990 par deux chercheurs canadiens, Mathis Wackernagel et William Rees. Exprimée en hectare global (GHa), elle permet d’évaluer la pression qu’exercent nos modes de vie sur la planète.
L’empreinte écologique inclut :
- les surfaces dont nous avons besoin pour produire ce que nous consommons : les terres agricoles (alimentation, textile), les prairies et pâturages (élevage et production animale), les forêts (produits forestiers), les zones de pêche, mais aussi les terrains bâtis (routes, logements, infrastructures) ;
- les surfaces et les écosystèmes dont nous avons besoin pour absorber nos déchets : notamment les forêts nécessaires au stockage du carbone.
Pour mieux comprendre : le Canada a une empreinte écologique d’environ 8 GHa (hectare global) par personne, ce qui signifie qu’il faut environ 8 hectares de surface pour soutenir le mode de vie d’un seul individu. Or, la biocapacité moyenne disponible sur Terre est d’environ 1,6 hectare par personne. L’écart est gigantesque!
Combien de planètes avons-nous besoin?
En effet, depuis 50 ans, nous consommons les ressources de la planète plus vite qu’elles ne peuvent se régénérer : nous émettons plus de CO₂ que ce que la biosphère ne peut en absorber, nous utilisons plus d’eau douce qu’il ne s’en renouvelle, nous abattons plus d’arbres qu’il n’en repousse, nous pêchons plus vite que les stocks de poissons ne se reconstituent, etc. et la situation ne fait que s’aggraver.
Cette surexploitation des ressources est parfois aussi exprimée en nombre de planètes consommées. En 2025, on estimait que l’humanité avait besoin de 1,8 planètes pour vivre.

Les Canadiens, parmi les plus gros consommateurs de la planète
Le jour du dépassement est également calculé par pays. Nous ne disposons pas des données pour le Québec, mais on sait qu’en 2026, si toute l’humanité consommait comme les Canadiens, le jour du dépassement aurait eu lieu… le 8 mars! Soit 4 mois plus tôt que la date mondiale, et même 4 jours plus tôt que les États-Unis!
Le Canada est l’un des pires consommateurs de ressources de la planète et l’humanité aurait besoin de 5 planètes par an pour soutenir un tel mode de vie!1

Comment réduire notre empreinte écologique?
Bonne nouvelle : de nombreuses solutions existent pour réduire notre empreinte écologique et ‘’bouger la date’’ (move the date) du dépassement.
La création d’aires protégées contribue directement à réduire notre consommation d’espaces naturels et à préserver notre biocapacité. Alors que nous travaillons collectivement à l’atteinte de la cible de 30% de protection du territoire d’ici 2030, nous pouvons dès maintenant commencer à penser aux futures cibles de protection pour les prochaines décennies. Plusieurs travaux scientifiques suggèrent d’ailleurs que 50% du territoire devrait être protégé pour préserver la biodiversité plus efficacement. Ce chiffre pourrait atteindre 70% de protection pour certains écosystèmes particulièrement sensibles.2
Mais protéger davantage de territoire ne sera pas suffisant. Pour réussir à réduire notre consommation de ressources et de milieux naturels, nous devons aussi collectivement transformer notre modèle économique. Les scientifiques nous alertent depuis plusieurs années sur le fait que l’effondrement de la biodiversité est directement lié à la croissance de l’économie mondiale et qu’il faut revoir en profondeur les paradigmes économiques et financiers, notamment en abandonnant la recherche de gains matériels à court terme.
Au Québec, voici par exemple deux façons concrètes qui permettraient de sortir du paradigme de la croissance infinie et de réduire notre empreinte matérielle :
- Opérer une véritable transformation du régime forestier
- Abandonner le projet d’agrandissement du Port de Contrecœur
Ce que vous pouvez faire
Les solutions sont collectives avant d’être individuelles, mais il est important que chacun d’entre nous s’informe et prenne conscience des enjeux liés à la surconsommation de ressources. Voici quelques façons pour vous d’aller plus loin :
Calculez votre jour du dépassement personnel : https://www.footprintcalculator.org/sponsor/FR/fr
Imaginez des façons de déconsommer, en suivant par exemple les conseils de la SÉPAQ pour votre équipement en matériel de plein air : https://www.sepaq.com/blogue/moins-equipement-neuf-plus-aventure.dot
Ressources
Site du Jour du dépassement : https://www.footprintnetwork.org/our-work/earth-overshoot-day/
Empreinte écologique par pays : https://data.footprintnetwork.org/#/
Rapport de l’IPBES sur les changements transformateurs : https://www.ipbes.net/transformative-change-assessment


